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Quel avenir pour les agriculteurs du bassin versant de l’Horn ?

mardi 17 janvier 2006, par michel marzin

Quel avenir pour les agriculteurs du bassin versant de l’Horn ?

Un reportage du journal télévisé de France 2 présentait récemment l’Horn comme la rivière la plus polluée par les nitrates en Europe. Il est vrai que les concentrations y atteignent des valeurs extrêmement élevées, dépassant parfois les 100 mg par litre.

Cette situation n’est pas nouvelle et quelques actions de portée limitée ont été mises en place à l’initiative des agriculteurs et des élus locaux. Mais, contrairement à ce qui s’est passé sur d’autres bassins versants, la transparence et le partenariat avec les consommateurs et les défenseurs de l’environnement n’ont jamais été de mise. Ainsi, en matière de suivi, l’Horn ne fait pas partie du réseau écoflux mis en place à l’initiative du conseil général. Plus grave, le syndicat de l’Horn a fait échouer à la fin des années 1990 un projet de SAGE (schéma d’aménagement et de gestion des eaux) à l’échelle du pays de Morlaix, qui aurait notamment permis de planifier la reconquête de la qualité sur l’ensemble des rivières du secteur et d’éviter la brutalité des mesures actuellement envisagées.

Les dirigeants locaux, crispés sur la défense idéologique d’un modèle agricole, ont fait à l’époque preuve d’un aveuglement que l’ensemble des agriculteurs du bassin paye aujourd’hui très cher. Il est trop facile de faire des écologistes les boucs émissaires de la crise pour avoir simplement tiré la sonnette d’alarme quand il était temps d’agir.

Mais regardons l’avenir. Les économistes qui travaillent sur les questions de résorption, tel Philippe Le Goffe, professeur à Agrocampus à Rennes, disent aujourd’hui trois choses :  ? On ne peut pas compter uniquement sur le volontariat pour diminuer les engrais minéraux ; il convient de mettre en place un système fondé sur des incitations économiques.  ? Il faut envisager des programmes de réduction de cheptel plutôt que de réduire par des subventions le coût de traitement du lisier.  ? Il serait judicieux de soutenir davantage les systèmes de production intrinsèquement favorables à l’environnement comme l’agriculture biologique et les systèmes herbagers. Sur le bassin versant de l’Horn, comme ailleurs en Bretagne, c’est dans ces trois directions qu’il faudra s’orienter si l’on veut une agriculture pérenne.

Certes, les cas particuliers devront être étudiés de près : certains ont malheureusement investi des sommes importantes sans que personne ne leur dise que les règles du jeu allaient changer et que les nouvelles règles compromettraient la viabilité de leurs projets (n’était-ce pas là le rôle de l’administration ?). Mais on ne peut pas exciper de ces cas particuliers et ne rien faire. Gouverner, c’est prévoir, et une autre forme de gouvernance est à l’évidence aujourd’hui nécessaire.

Michel Le Saint

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