Centre d’enfouissement de Plourin-les-Morlaix Communiqué de presse des Verts du Pays de Morlaix
« Ecométhaniseur », « bioréacteur » : derrière ces appellations se cache en réalité un centre d’enfouissement des déchets. Toutes les décharges recevant de la matière organique dégagent du méthane, qui doit normalement être récupéré et valorisé. L’appellation bioréacteur tient au fait que les lixiviats (jus de décharge) seront réintroduits dans les déchets pour accélérer leur décomposition et la production de méthane. SOLAGRO étudie ce procédé depuis plus de 10 ans : il ne présenterait pas d’inconvénient particulier mais son efficacité resterait à démontrer.
Le projet lui-même soulève plusieurs questions. Quel sera son dimensionnement réel ? Les responsables ont laissé filtrer le chiffre de 70 000 tonnes par an, ce qui est déjà considérable. L’emprise foncière permet d’envisager plus : pourquoi pas 100 000 tonnes ? Ou 200 000 ? La seule chose que l’on sait de manière sûre, c’est que le tonnage enfoui sera fonction de la rentabilité.
Le site a-t-il été choisi pour des raisons d’opportunité (un agriculteur vendeur) ou pour des caractéristiques particulièrement bien adaptées à ce type de projet ? Les nuisances étant inévitables (transports, nuisances olfactives avant étanchéification des casiers), il importe quand on choisit un emplacement de s’assurer qu’aucun riverain ne subira de dommages excessifs.
Quel tri, quel recyclage seront-ils opérés en amont de l’enfouissement ? Et quels déchets seront-ils enfouis ? Sans doute des déchets de restaurant et des cartons souillés, comme on l’a entendu dire ... Mais on y trouvera vraisemblablement aussi des déchets issus de l’agriculture, des boues de l’industrie agroalimentaire, des mâchefers, etc... Il est essentiel que cela soit rapidement précisé.
Surtout, on peut se demander s’il est vraiment judicieux d’enfouir la matière organique : comme l’indique SOLAGRO, mieux vaut la composter ou la méthaniser avant stockage des déchets. On peut également regretter que le projet ne s’inscrive pas dans une filière globale de gestion des déchets, incluant notamment des actions de prévention et de réduction à la source.
Enfin, la comparaison avec ce qui se passe en matière de déchets des ménages suscite également l’étonnement. Rappelons que le conseil général a dit pendant longtemps qu’il n’y avait que 3 ou 4 sites d’enfouissement possibles sur l’ensemble du département, avant d’en recenser finalement une dizaine. Mais, bizarrement, Plourin-lès-Morlaix n’en fait pas partie. Rappelons également que nos élus se sont laissés séduire par le lobby de l’incinération (dont fait partie Véolia). Les ménages vont donc devoir payer le prix fort pour brûler la plus grande partie de leurs déchets. Mais les industriels qui veulent à toute force incinérer les déchets des ménages écartent l’incinération quand il s’agit de leurs propres déchets.
En fin de compte, la seule logique dans cette affaire paraît bien être celle du profit, et en aucun cas celle de la protection de notre environnement.
Michel Marzin, porte parole des Verts du pays de Morlaix Michel Le Saint, conseiller communautaire